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mercredi 12 septembre 2012

Edward Hopper au Grand palais




La rétrospective Edward Hopper qui se tiendra à partir du 10 octobre au Grand Palais fait partie des grandes expositions de la rentrée. L’artiste s’est distingué par son approche simple et mélancolique de la vie quotidienne américaine. A travers sa palette c’est tout un pan de l’univers urbain (hôtels, bars, rues) qui s’imprègne de solitude.

Edward Hopper s’est démarqué surtout par son réalisme dans une période où l’Abstraction se développait. Pourtant, à l’instar de son contemporain Andrew Wyeth, son réalisme plutôt que de s’inscrire dans la lignée de Courbet ou Millet, revendique une certaine étrangeté qui n’est pas sans rappeler Magritte (comme dans Chambres au bord de la mer) et ses perspectives faussées.



vendredi 7 septembre 2012

Festival d'Automne



            Parmi les rendez-vous théâtraux de l’année le Festival d’Automne est sans doute l’un des plus importants. En effet il s'éparpille aux quatre coins de Paris (du Théâtre de la Ville à la Maison des Arts de Créteil) et s’étend jusqu’au mois de Décembre.

Le festival propose plusieurs axes à suivre, que ce soit par exemple celui de l’artiste Urs Fischer ou les ballets de Maguy Marin (six pièces seront présentées). Mais ces ensembles ne sauraient masqués la pluralité des représentations, en théâtre (où les pièces sont victimes de leurs succès puisque l’adaptation de Brecht par le Berliner ensemble affiche déjà complet) ou en danse (comme avec Low pieces de Xavier Leroy, photo ci-dessus).  


Rentrée littéraire 2012




Comme tous les ans c’est le raz-de-marée, l’engloutissement programmé de plusieurs centaines d’auteurs. Avec 646 romans à paraître entre Août et Octobre 2012, la rentrée littéraire c’est avant tout une question de relais médiatiques ; il s’agit d’interroger patiemment les journaux, les libraires et les blogs (comme celui de Pierre Assouline par exemple).

Bien sûr on retrouve avec plaisir des noms familiers, que ce soit Pascal Quignard avec Les désarçonnés, Mathias Enard avec Rue des voleurs ou Amigorena avec La première défaite. Mais il y a surtout les autres ; les nouveaux et les inconnus. Si La théorie de l’information d’Aurélien Bellanger semble marquer l’arrivée d’un nouvel écrivain prometteur, La blonde et le bunker confirme la trajectoire audacieuse de Jakuta Alikavazovic. 



mardi 28 août 2012

La monnaie du crime



Le titre du film n'a rien de programmatique, A perdre la raison est un film rigoureux, raisonné (dans le sillage d'un Haneke). Le sujet est tiré d'un fait divers belge, une mère poignarda ses quatre enfants, mais l'acte importe moins que le cheminement qui y conduit. Au début il n'y a qu'une femme amoureuse mais le jeune couple se fait financer par un beau-père docteur (Tahar Rahim et Niels Arestrup jouaient déjà ensemble dans Un prophète de Audiard) dont la présence se fait de plus en plus oppressante. Il prend peu à peu le contrôle du nouveau  foyer par le biais de son argent et de ses relations.

Joachim Lafosse excelle dans la mise en place du malaise et on trouve dans A perdre la raison une vraie finesse sur les mécanismes de la pression sociale, sur l'ambiguïté du don, entre générosité et moyen de rendre dépendant. L'infanticide y apparaît alors comme un acte désespéré, une vengeance sur le rôle de femme docile qu'elle ne veut plus jouer. Le réalisateur ne justifie ni ne cautionne le crime, il oppose à la barbarie dans le sang la violence insidieuse et virulente du harcèlement.

Benoît, http://hotelsaintvincentparis.com/


lundi 20 août 2012

Hôtel du vice






Quoi de plus naturel pour le blog d’un hôtel que de célébrer un hôtelier ? Et pas n’importe lequel puisque la série Magic City suit le parcours de Ike Evans (photo ci-dessus), directeur du Miramar Playa, fleuron des palaces à Miami à la fin des années 50. La série n’est pas sans rappeler le charme de la série Mad Men ; look rétro, musique d’époque, et le personnage principal possède le même charisme détaché que Don draper.

Pourtant Magic City se distingue clairement de son aînée, que ce soit par sa concision (seulement huit épisodes de 50 minutes) et surtout par le milieu abordé. Les incartades sentimentales de Mad Men sont peu de choses face aux activités criminelles dans lesquelles baigne le palace. Filles de joie et caïds côtoient journalistes et sénateurs sous le regard vaste et calme de Ike Evans. Il est difficile de quitter cette atmosphère aussi langoureuse que létale une fois  que l’on a mis un pied dans les grands halls lustrés de Magic City.


mardi 14 août 2012

Festival Rock en Seine




Cette année marque les dix ans du festival Rock en Seine qui se déroulera du 24 au 26 Août au Domaine National de Saint-Cloud. L'affiche est attirante, conjuguant les têtes d'affiches (The Black Keys, Placebo, Green Day) et des groupes moins connus (Grimes, The Waterboys).

L'intérêt du festival tient aussi à un mélange des genres réussi car les organisateurs du festival ont eu la bonne idée de prendre le mot "rock" dans son sens le plus large. En effet il n'y a pas besoin de guitare électrique pour faire une musique énergique et fédératrice, comme le prouvent le rap belliqueux de Dope D.O.D ou l'électro vivace de Brodinski (photo ci-dessus) et Gesaffelstein.

Benoît, http://hotelsaintvincentparis.com/

lundi 13 août 2012

Femmes entre elles




Il est toujours intéressant de revenir au début d’une œuvre, en l’occurrence celle d’Antonioni, pour en avoir un éclairage nouveau et pour en retracer l’évolution. Or on trouve déjà dans « Le amiche » (littéralement « les amies », repris au cinéma depuis le 1er Août) un constat désabusé sur les relations humaines et des couples qui arpentent sans espoir ces ruelles pavées de cruauté et d’échecs sentimentaux.

On est loin pourtant de la trilogie constituée par L’avventura, La notte, et L’Eclisse, films qui commençaient tous après le drame (disparition, rupture). Dans la première partie de Femmes entre elles un groupe de femmes s’entredéchire, rivalisant d’intrigues et de mesquineries. Une saturation guette pourtant ce déchaînement de malice féminine, alors que le film distille ensuite un lent et beau parfum délétère.

 La langueur y est, seulement elle tarde à éclore. Le film est pourtant plus qu’un aperçu de l’œuvre à venir, il esquisse une galerie de portraits acerbes dont les tourments n’ont pas pris une ride.